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    Catherine Lafrance
     "Le retour de l'ours"

             Entrevue et photos par Bernard Bujold
             25 septembre 2013 - Montréal
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Entrevue
Texte par Bernard Bujold - Tous droits réservés
Photos de Catherine Lafrance par Bernard Bujold - Tous droits réservés
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Catherine Lafrance  (Photo Bernard Bujold)
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L'auteure Catherine Lafrance vient de publier son deuxième roman:
"Le retour de l'ours" aux éditions Druide.
L'ouvrage est écrit dans le style et la qualité des livres d'un Paulo Coelho
notamment son roman "l'Alchimiste".
Le récit de Catherine Lafrance met en valeur le côté mystérieux de
la vie et des êtres humains et l'importance d'écouter ses intuitions
et savoix intérieure. L'ouvrage est un livre qui durera dans le temps car
il soulève des réflexions universelles face à la vie, la mort et le retour
des choses dans le temps et dans la nature de la terre.
Le livre est aussi un message d'encouragement envers les femmes.
L'ouvrage est promis à un brillant avenir et il a tout pour devenir
un best-seller!
LeStudio1.com - Bonjour Catherine.
Ton deuxième roman, "Le Retour de l'Ours" arrive en librairie le 2 octobre prochain?
Catherine Lafrance - Oui, le 2 octobre 2013. Il sera distribué sur tout
le territoire québécois, dans les Martimes, et en Ontario.

LeStudio1.com - Est-ce une suite à ton premier roman, "La Saison froide"?
Catherine - Non, pas du tout. C'est une histoire complètement différente.
L'idée-maîtresse est différente, le type de personnages aussi. Ce que ce roman a
en commun avec le premier, c'est le Nord, le froid. Le froid est très très important
dans un roman; ce n'est ni un accessoire, ni un décor; c'est un enjeu.

LeStudio1.com - "La saison froide" avait été un grand succès?
Catherine - Je ne sais pas. Qu'est-ce qu'un succès? Il a connu un succès d'estime.
Il a été bien reçu, les critiques ont été extraordinaires.
J'en suis fière, et ravie. Le regard des critiques est important pour moi.
La réaction des lecteurs, aussi. Beaucoup m'ont écrit pour me faire part de
leurs commentaires. Ils étaient tous très positifs.

LeStudio1.com - Quels sont tes attentes face à ton deuxième roman,
"Le retour de l'ours"?
Catherine - Mes attentes, mes espoirs sont toujours élevés. Je voudrais que
ce livre soit bien accueilli. Je voudrais que les lecteurs l'aiment. Quel écrivain
ne veut pas ça? Je ne pourrais chiffrer mes attentes, mais j'aimerais avoir le
sentiment que, quelque part, j'ai bien fait. Le succès, au fond, c'est comme
une grande tape dans le dos, comme si quelqu'un disait: good job. Et alors on
sait qu'on n'a pas travaillé pour rien. Je voudrais qu'on sente l'évolution dans
mon écriture, avec ce deuxième roman. Un premier roman comporte son lot de
maladresses; pas un deuxième. Ça serait impardonnable.

LeStudio1.com - Quelle est ta manière d'écrire un livre?
Catherine - J'écris avec un plan. J'élabore d'abord l'histoire du début à la fin.
Si je ne connais pas la fin d'un roman je ne peux me mettre à l'écrire.
Je n'y vais pas à tâtons. La fin, pour moi, c'est la justification de l'histoire.
Je ne peux créer une histoire si je ne sais pas pourquoi je l'écrit. L'idée-maîtresse
est cruciale. Pourquoi raconter cette histoire? Que dit cette histoire? Ce sont les
questions que je me pose d'abord et avant tout. Quand tout est réglé, que j'ai
trouvé l'histoire, et la raison pour laquelle je veux l'écrire, que j'ai développé mes
personnages, que je connais le narrateur, que j'ai une idée du ton, de la période
sur laquelle se déroule l'histoire, alors je commence à écrire. Mon plan est en
général complet, élaboré, étoffé, mais je me garde toujours de la latitude pour
les imprévus qui peuvent survenir lors de la rédaction. Par exemple il arrive,
quand on écrit, de découvrir que le plan a des failles. Dans ces cas, je le change,
je fais des ajustements, et je reprends l'écriture. Pour ce qui est de la routine,
elle est simple; j'écris dès le matin. J'écris dans mon lit, en fait!
J'écris aussi longtemps que je peux. Dans les bonnes périodes, je peux écrire
jusqu'à 6-7 heures par jour.

LeStudio1.com - Est-ce que tu te considères plus journaliste ou écrivaine?
Catherine - Je peux faire mon métier de journaliste sans être écrivaine
(je l'ai fait longtemps, après tout) mais mon métier de journaliste est, pour moi,
essentiel à celui d'écrivain. Le journalisme m'a donné la rigueur, la perspective sur
le monde, la structure de pensée qui me sont essentielles à l'écriture de roman.
le journalisme donne des réflexes et permet de savoir tout de suite ce qu'est une
bonne histoire, comment il faut la raconter, etc. Après c'est le processus de création
qui entre en ligne de compte et là, je me retrouve loin du journalisme et de ma zone
de confort.  Bref, on peut sortir une fille d'une salle de nouvelle, mais on ne peut...
vous connaissez la suite. Cela dit le roman prend de plus en plus d'importance
dans ma vie et je sais maintenant que quoi qu'il arrive, je vais toujours écrire.

LeStudio1.com - Où as- tu pris l'inspiration pour "Le retour de l'ours"
et pour décrire les lieux et la vie du village?
Catherine - D'un voyage à Kuujjuaq (Nunavik, Québec) que j'ai fait pour CBC North,
quand j'y travaillais. J'étais basée à Montréal mais de temps en temps je voyageais
dans le Nord. Kuujuuaq est située sur les bord de la rivière Koksoak qui mène à la
Baie d'Ungava. C'est un lieu magnifique. C'est le début de la toundra.
Quand j'y suis arrivée, à un certain moment j'étais en train de filmer, quand je me
suis demandé ce qui se passerait si le monde disparaissait à ce moment.
À ce moment, l'histoire est née et je savais qu'elle se situerait à cet endroit.

LeStudio1.com - On se croirait presque sur place. Est-ce que tu as déjà vécu
dans un village semblable?
Catherine - Non, mais j'y suis allée. Pour moi, il est essentiel de connaître les lieux
pour situer une histoire.

LeStudio1.com - Ta famille était elle proche des livres?
Catherine - Dans ma famille, il y avait des romans et des journaux. Mes parents
lisaient tous les deux les grands quotidiens et regardaient religieusement les bulletins
de nouvelles. Ils ont toujours été parfaitement au courant de l'actualité. Mon père
était un dévoreur de livre! Il lisait tout ce qui lui tombait sous la main, mais
principalement des romans. Il lisait partout, tout le temps. J'ai commencé à lire dès
que j'ai su lire. J'aimais tellement lire que tout le monde me donnait des livres en
cadeau. Je me souviens d'un Noêl en particulier; je me revois déballer un cadeau,
le coeur battant, pour trouver, sous le papier doré, des romans de la comtesse de
Ségur avec leur couverture rigide. Un moment de pur bonheur.

LeStudio1.com - Qu'est-ce qui fait un bon livre selon toi?
Catherine - La profondeur de l'histoire, et le style. Le style donne au roman toute
sa dimension émotive, sa beauté, sa musicalité, sa grandeur; c'est la caution du roman.
Un bon roman c'est celui qu'on garde en tête longtemps après avoir tourné la dernière
page. C'est celui qui nous apprend des choses sur le monde, comme sur nous-même.
C'est celui qui nous fait pleurer, nous transporte, nous bouleverse.

LeStudio1.com - Est ce que tu préfères le livre papier ou électronique?
Catherine -Je ne peux dire, puisque je n'ai pas (encore...) de liseuse.
J'aime le papier, mais je ne dit pas non à l'électronique.

LeStudio1.com - Est ce que tu écris avec le ipad (tablette) ou  
sur papier?
Catherine - Je travaille uniquement avec un ordinateur. Le papier, jamais.

LeStudio1.com - Tu as un fils de 20 ans à qui tu dédicaces ton nouveau roman?
Catherine - Mon fils a 20 ans et il a lu "La saison froide" mais il n'a pas encore lu
"Le retour de l'ours". Il dit qu'ils va s'y mettre bientôt. Il a été très ému en lisant la
dédicace. Je crois qu'il était fier. Ça a été un très beau moment entre nous.
Nous sommes très proches. Nul besoin de mots dans des moments comme ceux-là.

LeStudio1.com - Tu as étudié dans quel domaine?
Catherine - J'ai étudié à l'Université de Montréal. D'abord en Histoire, puis en
Études françaises, et en Sciences Politiques. Le journalisme m'intéressait déjà.
Cependant, après plusieurs années comme journaliste, je suis retournée aux études
en scénarisation, en 2007. J'ai quitté Radio-Canada et je me suis inscrite à l'INIS
(L'Institut de l'Image et du Son). C'est à l'INIS que j'ai appris à écrire véritablement.
Ça a été une expérience inoubliable et extrèmement profitable.

LeStudio1.com - Tu es très présente sur plusieurs sites sociaux?
Catherine - Oui. Peut-on faire autrement? Facebook est, pour moi, une formidable
plate-forme, un laboratoire d'idées, d'opinions; c'est à propos d'y parler de ses livres,
je trouve. J'ai une page Facebook sur "Le retour de L'ours" comme j'en avais une pour
"La Saison Froide" et c'est merveilleux. Je ne suis pas encore sûre d'avoir bien
apprivoiser le monde Twitter.

LeStudio1.com - Tu travailles pour Radio-Canada à Toronto mais tu conserves
un appartement à Montréal?
Catherine - J'ai toujours ma maison à Montréal et j'ai un appartement à Toronto.
Je fais l'aller-retour entre les deux villes très souvent!

LeStudio1.com -Quels sont tes projets d'avenir?
Catherine - D'autres livres. Des tas de livres. J'ai tellement d'histoires dans ma
tête que je dois absolument les écrire! J'ai déjà fait des plans...et un échéancier:
c'est dire. Des voyages, c'est sûr. Dans le Nord, notamment. Je le connais, j'y ai voyagé
et j'y ai habité, mais il y a encore tant d'endroits que je ne connais pas encore.
Je voudrais voir le passage du Nord-Ouest...au nord du passage. Je voudrais aller à
Cape Dorset où je ne suis jamais allée. En fait je voudrais silloner le Nord de l'Alaska
à la Baie d'Ungava en passant par tous les villages. Peut-être un jour, avec un livre
à la clé....entre temps, j'y retourne régulièrement.  

LeStudio1.com - Nous pourrons aller te rencontrer et faire ta connaissance
dans les divers salons du livres de l'automne?
Catherine - Pour l'instant, je sais que je serai au Salon du Livre de Montréal,
en novembre. J'espère qu'il y en aura d'autres, on verra.

LeStudio1.com - Pour terminer, quel est ton message aux lecteurs de ton
nouveau roman?
Catherine - Lisez-le la peur au ventre! Il est écrit comme un conte, un conte
pour adulte, avec beaucoup d'images, de métaphores, mais c'est avant tout un roman
de fin du monde.
Il n'en tient qu'à nous qu'elle n'arrive pas...
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NOTE: L'entrevue et les photographies ont été réalisées au Palais des congrès de
Montréal devant les arbres de la fôret rose, un peu pour symboliser le
message de l'auteure dans son livre.
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LE RETOUR DE L'OURS par Catherine Lafrance
Un petit village nordique. Probablement le seul à avoir survécu aux grands cataclysmes climatiques
qui ont provoqué la fin du monde. Ses habitants n’espèrent qu’une chose : que l’ours polaire
réapparaisse. Depuis son départ, les morses pullulent, les stocks de poissons s’épuisent ;
la survie du village est menacée.
Aloupa, le vigile, est celui qui a la lourde tâche de surveiller les signes d’un retour de l’ours.
Or, un jour, des circonstances inattendues le forcent à emmener à son poste de garde sa petite-fille
Sakari, adolescente timide qui se verra obligée de délaisser ses amis pour faire la vigie avec son
grand-père.
Le retour de l’ours se déroule sur fond de luttes de pouvoir, de guerre des sexes et d’un hypothétique,
mais très attendu retour à l’équilibre de la nature. À la frontière du roman d’anticipation et de la fable
écologique, ce véritable «roman du Grand Nord» résiste habilement aussi bien au discours moralisateur
qu’à toute représentation folklorique convenue. Un tour de force, vraiment !
Parution 02 octobre 2013
LeStudio1.com
Entrevue